Il était une fois l’apiculture…

Née en Egypte, l’apiculture est pratiquée depuis des millénaires ! Mais nous avons encore à apprendre du monde des abeilles !

Les abeilles (Apis mellifera) sont arrivées sur Terre il y a plus d’un million d’années. Nous (Homo sapiens) avons probablement toujours apprécié leur miel, comme l’ont probablement aimé nos cousins préhistoriques. Car ce sirop sucré est l’une des rares sources concentrées de glucides que l’on retrouve dans la nature. Notre cerveau surdéveloppé d’Hominidés est constamment en demande de sucres et notamment de glucose. Sans ce carburant, il se trouve en difficulté. Un nid d’abeilles dont les rayons de cire sont chargés de miel représente une manne providentiel ! Mais ce trésor amassé par des milliers de butineuses est farouchement gardées par autant de dards envenimés.

Au 21e siècle, nous avons la chance de ne plus connaître les dangers du Néolithique. Et nos rapports avec les abeilles mellifères sont généralement plus apaisés. Car après plusieurs milliers d’années de chasse au miel puis d’élevage, les abeilles se sont laissées partiellement domestiquées.

La maîtrise de l’apiculture moderne – comme nous pouvons la pratiquer en Europe – permet d’élever les abeilles et de retirer du miel sans détruire la colonie. On peut aussi recevoir dans des ruches des essaims d’abeilles qui nous offrirons pendant plusieurs saisons du bon miel doré, mais aussi de la gelée royale, de la propolis, du pollen,…

Peut-on pratiquer l’apiculture comme un loisir ?

L’apiculture est une pratique d’élevage accessible au plus grand nombre. Mais à condition de prendre des précautions pour assurer la sécurité et le confort de son entourage. La réglementation française est favorable à la pratique de l’apiculture de loisir. Et il est possible d’installer – aussi bien à la campagne qu’en ville – une ou plusieurs colonies d’abeilles mellifères chez soi.

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Qu’est-ce que l’abeille ?

L’abeille mellifère (Apis mellifera) est un insecte de l’ordre des Hyménoptères. Elle vît en colonies de plusieurs milliers d’individus. Et chaque colonie compte une unique reine.

Quel matériel choisir ?

L’apiculture demande un investissement en temps et un équipement minimum. Il est possible de construire soi-même une ruche, mais il est plus facile d’en acheter une dans le commerce.

L’apiculture en deux mots

L’apiculture est l’élevage des abeilles, dans le but d’en obtenir des produits de la ruche – comme le miel, la propolis et la gelée royale – mais on peut aussi la pratiquer simplement par plaisir.

Comment se former ?

Accueillir des abeilles dans son jardin demande au préalable de suivre une formation adaptée. On peut apprendre en ligne, mais il faut aussi se rendre dans un rucher école ou chez un apiculteur.

colonie d'abeilles

« Si les abeilles disparaissaient de la surface du globel’homme n’aurait plus que quatre années à vivre »

Ce dictons que l’on attribue à tord à Albert Einstein a néanmoins un goût de vérité. Les abeilles sont des insectes pollinisateurs très importants pour l’environnement. En se nourrissant de nectar et de pollen, les abeilles contribuent à la pollinisation des plantes sauvages, mais aussi des plantes cultivées. En France, sur 4500 espèces présentes, 10% dépendent largement des abeilles pour se reproduire.

Conséquence des activités humaines, les abeilles se raréfient dans de nombreuses régions. Et l’impact sur les rendements agricoles risque de se faire sentir. L’agriculture fragilisait par 1000 autres maux n’a pas besoin d’un énième désastre. L’humanité non plus, alors que sa population est en constante augmentation et qu’il faudra avant la fin de ce siècle nourrir 11 milliards de terriens.

Devenir apiculteur est un engagement pour les abeilles et pour l’environnement. C’est aussi des responsabilités que l’on prend avec les autres apiculteurs. Car il faut entretenir correctement son rucher et protéger ses abeilles lorsque les varroas et les frelons asiatiques les menacent.

Devenez apiculteur et contribuez à la protection des abeilles et de leur environnement !

La disparition des abeilles n’est pas une fatalité. Il est vrai que les menaces sont nombreuses et que l’on peut se sentir impuissant face aux pesticides comme les néonicotinoïdes utilisés sur les cultures intensives. L’arrivée d’acariens parasites et de tueurs d’abeilles comme le varroa (responsable de l’effondrement des colonies) et le frelon asiatique complique davantage la situation.

Si vous souhaitez contribuer à la préservation des abeilles et lutter contre le déclin d’Apis mellifera, vous pouvez devenir apiculteur. Mais il convient alors de ne pas procéder sous l’impulsion, n’importe comment et n’importe. Car la protection de l’abeille passe par le respect de sa biodiversité.

L’apiculteur est aussi un un naturaliste et un botaniste. Il doit comprendre la place de l’abeille dans l’environnement et faire les bons choix pour ne pas déséquilibrer davantage de fragile équilibre qui régit la nature. Il peut faire beaucoup avec assez peu de moyen, notamment s’il s’implique dans la préservation des populations d’abeilles.

Petite FAQ du futur apiculteur

Si vous souhaitez vous lancer en apiculture, vous vous posez sans doute de nombreuses questions ? Voici une petite foire aux questions pour aller à l’essentiel. Mais souvenez-vous qu’en apiculture tout est question de contexte et d’objectifs.

Est-il possible de placer une ruche chez soi ?

En France, la réglementation est favorable à la pratique de l’apiculture de loisir. Le Code Rural et les arrêtés préfectoraux et communaux régissent les normes à respecter et en particulier les distances minimales à maintenir entre vos colonies et le voisinage. Ces distances vont varier en fonction de l’emplacement du rucher (commune ou département), mais aussi selon la nature des terrains et bâtiments voisins. La distance est souvent de 100 mètres lorsqu’il s’agit de séparer les ruches d’une école, d’une caserne ou de tout autre bâtiment à caractère collectif. Mais l’usage de haie et de palissade d’au moins deux mètres de hauteur permet de s’affranchir de ces distances souvent contraignantes et d’installer des ruches pratiquement partout, aussi bien en ville qu’à la campagne.

Quelles sont les formalités par garder quelques ruches ?

En France, vous serez considéré comme apiculteur dès la première colonie d’abeilles en votre possession. Même si vous n’avez pas l’intention de faire le commerce du miel ou de tout autre produit de la ruche. Vous devez donc déclarer vos premières ruches et renouveler chaque année – entre septembre et décembre – le recensement de tout votre cheptel. Cette déclaration se fait en ligne. Après votre première déclaration, vous obtiendrez votre numéro d’apiculture, le NAPI. Jusqu’à dix colonies vous n’aurez plus d’autre démarche administrative à effectuer. Mais si vous souhaitez vendre ou même donner en dehors du cercle familiale du miel ou des essaims d’autres démarches devront être réalisées comme l’obtention d’un numéro de Siret. Enfin, les abeilles sont des insectes qui peuvent piquer et vous êtes responsable des désagréments qu’elles pourraient causer. Il est donc conseillé de souscrire à une assurance.

Quelle est la meilleure ruche pour débuter ?

Il existe de nombreux modèles de ruches et le choix est souvent motivé par le type d’activité que l’on veut mener. Si l’on souhaite débuter pour se former à l’apiculture conventionnelle et plus tard devenir apiculteur professionnel ou pluriactif, on choisira une ruche utilisée par la plupart des apiculteurs de sa région et pour laquelle il est facile de trouver du matériel et des éléments de remplacement. En France, le modèle le plus communément utilisé est la ruche Dadant. Dans le sud-est de la France et en Corse, la ruche Langstroth est très commune. Si vous souhaitez vous orienter vers une apiculture plus naturelle, on peut débuter avec la ruche Warré ou la ruche kenyane, bien que cette dernière demande une meilleure connaissance de l’abeille.

Peut-on débuter l’apiculture sans se former ?

L’apiculture est une pratique qui s’appuie sur des connaissances. Il faut donc passer par l’apprentissage et l’étude du fonctionnement de la colonie avant de débuter l’apiculture et de recevoir des ruches chez vous. Si vous vivez dans un endroit isolé, vous pouvez vous lancer après un stage de quelques jours. Mais si vous voulez installer un rucher dans une zone périurbaine, vous devez être capable de maîtriser totalement vos colonies. Car le départ d’un essaim et son installation chez un voisin peut être à l’origine d’un problème. Pour éviter des mésententes mais aussi des échecs il faut donc passer par un rucher école et s’inscrire à un stage. La plupart des ruchers écoles proposent des sessions sur plusieurs jours ou bien un apprentissage tout au long de l’année avec un ou plusieurs rendez-vous par mois tout au long de l’année.

Quels est le matériel indispensable pour débuter ?

L’apiculture demande un matériel apicole de qualité pour la sécurité de l’apiculteur et la santé des abeilles. L’enfumoir et une combinaison composée d’un voile sont les équipements de base pour pratiquer l’apiculture sans risque. Les abeilles sont en effet calmées par la fumée. Mais même les abeilles les plus dociles peuvent piquer et l’apiculteur doit revêtir une protection au moment de l’ouverture de ses ruches.

Les abeilles tombent-elles souvent malades ?

Dans de bonnes conditions environnementales, les abeilles sont prolifiques et sont rarement malades. Malheureusement, nous assistons au déclin de nombreuses colonies à cause des insecticides, de la dégradation de l’environnement, de l’invasion de parasites du couvain et de prédateurs qui s’attaquent aux butineuses. Sans des soins attentifs, il est compliqué de garder des ruchers où les colonies sont en bonne santé. On assiste alors à l’augmentation de la mortalité hivernage et une diminution de la production de miel.

Les principaux problèmes que l’on rencontre en apiculture de loisir sont dûs à un acarien nommé varroa et au frelon asiatique. Dans des cas beaucoup plus rare la loque américaine peut ravager les ruchers et obliger à détruire les colonies et les ruches contaminées par cette bactérie.

Quels sont les traitements à effectuer chaque année ?

La situation sanitaire actuelle et l’infestation systématique en varroas imposent généralement l’application de traitements sur les ruches. L’apiculteur doit effectuer des comptages des acariens phorétiques ou de ceux qui sont tombés dans le fond de la ruche. Lorsque le seuil critique est dépassé, un traitement adapté doit être effectué. Il est obligatoire d’utiliser des traitements qui bénéficient d’une AMM (Autorisation de mise sur le marché). Ces médicaments vétérinaires contiennent des molécules de synthèse comme l’amitraze ou bien des composés organiques comme l’acide oxalique. Quelle que soit la nature de la molécule, il est indispensable de respecter la posologie d’emploi et de porter les protections indiquées. Car ces produits peuvent être toxiques pour les abeilles et pour l’apiculteur si les dosages ne sont pas respectés.

Quelle est la quantité de miel que l’on peut récolter ?

Les abeilles produisent du miel en quantité suffisante pour couvrir les besoins de la colonie. Les butineuses profitent des miellées sans freiner les quantités collectées. On peut donc espérer faire une récolte de miel suffisante pour soi et sa famille avec une seule ruche. En effet, il n’est pas rare de pouvoir retirer des cadres plus de vingt kilogrammes de miel. La quantité de miel peut être supérieure si les fleurs sont abondantes. On peut aussi transporter sa ou ses ruches en un lieu plus propice. Cette transhumance permet alors d’offrir à ses butineuses des champs de lavande ou des forêts de châtaignier ou de sapin.

L’extraction du miel peut se faire dans la cuisine, qui va alors devenir pendant quelques minutes la miellerie. Les cadres qui contiennent le miel doivent être désoperculer avec un couteau. Pour extraire le miel, on pourra presser la cire. Si l’on a beaucoup de ruches et que l’on souhaite bien s’équiper, il est possible d’acquérir un petit modèle d’extracteur. On peut aussi profiter de ceux que les ruchers écoles mettent à disposition de leurs adhérents.